Léon de Bruxelles : de la diversité dans tous les domaines.

Bonjours à toutes et tous! Je vais vous parler cette fois-ci de l'enseigne Léon de Bruxelles-une chaîne de restaurants comme on les aime, grâce à l'attention et la disponibilité, voire même, cas rare ailleurs, la classe et le degré de culture de son personnel de service! Il y en a(des serveurs) qui, pendant le repas, peuvent vous le faire accompagner non seulement d'haricots verts et/ou de frites à volonté mais surtout de l'expérience rimbaldienne et de l'½uvre de Mallarmé! Si on cherche à comprendre un peu cette expérience merveilleuse, on se rendra compte que depuis la nuit des temps la gastronomie et la philosophie sont indissociables! Quoi de plus agréable que d'être servi par quelqu'un qui connaisse aussi bien les cépages et le goût des bières que les plats les plus appétissants? Chez Léon de Bruxelles de PARIS, de la région parisienne et de province, le délicieux et le sentiment d'être chez soi côtoie la culture pour donner enfin la béatitude dont on a tant besoin, le plaisir d'être dans la réalité et l'agréable sentiment de rêver grâce à quelques "biographèmes" de la vie de Rimbaud le poète, né à Charleville-Mézières."Bonjour madame, monsieur! prenez place où vous cela vous semble aller vous faire plaisir!" Voilà comment on vous accueille chaleureusement chez Léon, pour qu'en suite arrive monsieur le serveur avec sa cravate grise ou bleu ou rouge, avec son sourire angélique, son élégance et sa sérénité!" Bonjour madame, monsieur! Désirez-vous un apéritif et/ou une friture de moules façon Léon s'il vous plaît?" En prenant l'apéritif- un kir cassis ou un petit cocktail Léon- on commence à se dire que ce n'est pas du tout par hasard que Léon de Bruxelles reçoit 4,5 millions de clients par an, prépare 7 tonnes de moules consommées par jour,possède 44 restaurants,affiche un indicateur de satisfaction allant jusqu'à 86,5 etc.Sachez que Léon ne manque pas non plus d'ambition et qu'il ne dort pas sur ses lauriers! Ajoutez aussi à cela la diversité de ses personnels: une mosaïque de couleurs et de cultures s'y côtoie avec une tolérance rare! Des gens de toutes les origines, des gens de la minorité tamoule aux maghrébins en passant par des Français, des bangladais, etc., cela s'appelle la promotion de la laïcité de la République et une leçon de progrès et de tolérance, autour d'une table chez Léon de Bruxelles! Venez manger chez Léon, un plaisir, une culture, un savoir-faire, bref une vie! Abderrazak
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# Posté le mercredi 07 octobre 2009 12:05

lettre au Président de la République

Abderrazak Siaghi
email:issac30@hotmail.fr
1,rue Paul Moreau
résidence Jules Vernes appt 14
59540 Caudry
Monsieur le Président de la République,
Permettez-moi de vous adresser,en ces moments difficiles,tous mes encouragements les plus chaleureux et mon adhésion la plus sincère pour tout ce que vous faîtes depuis deux années pour que la France soit unie dans sa diversité, qu'elle puisse aussi répondre aux aspirations de tous les Français sans distinction de couleur, d'origine ou de classe.Ainsi votre bonne volonté de pratiquer la discrimination positive selon des critères sociaux et non ethniques et votre engagement de rendre réelle l'égalité des chances sont louables.Je suis tellement content de votre cohérence dans les idées et les actes que j'ai décidé, n'en déplaise à Alain Piriou et à tous les chantres de la léthargie, d'adhérer à l'ump et de soutenir votre programme.OUI" l'ump doit être diverse et ne doit pas être uniforme", oui" l'ump doit être une force populaire majeure"!Votre discours de Palaiseau amorce une transgression dans les manières de faire de la politique, ce noble métier,et c'est pour cette raison, et quelques soient les arguties et les tentatives de manipulation et de calomnie des défenseurs de la stagnation et du statu quo, que les Français continuent à vous soutenir dans les forums de discutions sur la Toile.
En vous souhaitant bon courage dans votre action, je vous prie d'agréer, Monsieur le Président, l'expression de ma haute considération.
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# Posté le jeudi 07 mai 2009 12:18

Youssouf Fofana en procès

On a tous encore vivace à l'esprit la mort d'Ilan Halimi début 2006, et surtout vivace la manière avec laquelle était assassiné à la fleur de l'âge ce jeune français d'origine juive,origine qui lui a valu d'être envoyé ad patres par cette bande de suceurs de sang, que l'antisémitisme poussait au crime.Cette organisation criminelle de jeunes majeurs et mineurs pour certains d'entre eux à l'époque des faits, de garçons et de filles démontre combien l'enjeu est important et le forfait est grave.La justice doit rendre un verdict sévère qui soit à la hauteur du crime, dont l'objectif est à la fois de réaffirmer l'autorité des pouvoirs publics contre le crime et la délinquance des bandes organisées, et de l'autre côté de dissuader d'éventuels criminels à commettre de telles obscénités. Néanmoins, il est aussi important d'éviter deux pièges qu'une question aussi sensible pourraient provoquer dans notre pays:
Primo, celui de généralisation qui consisterait à dire que tous les Français d'origine étrangère seraient criminels et des voyous.Ce serait insulter le travail de sensibilisation d'associations dévouées et crédibles.Celui d'hommes politiques aussi qui ne baissent pas les bras et ne ferment pas les yeux devant de tels crimes.
Secundo, celui d'angélisme qui serait l'extrême du premier piège à éviter.D'aucuns essayent de nous faire croire que l'antisémitisme n'existerait que dans les médias et qu'en parler ne serait que propagande et pression.C'est faux! La classe politique par sa vigilance, la justice par son autorité et les citoyens de la république par leur diversité et leur sens de lucidité doivent ensemble faire face à ces exceptions minables pour confirmer la règle républicaine. En effet, je pense que la perpétuité s'impose(sanction pénale pour les crimes les plus graves), avec privation de toutes grâce présidentielle et aménagement de peine pour quelqu'un qui a tué et qui, le comble, en est fier en criant "Allah est grand" dans l'enceinte de la cour d'assises.Ce genre de comportements est inadmissible dans les lieux où la laïcité, l'impartialité et la justice sont les symboles de notre socle républicain.Mais Youssouf Fofana essaie par là de semer la confusion, et tente d'insinuer qu'il serait victime d'une islamophobie ou arabophobie, tout en sachant qu'il ne sera pas jugé parce qu'il est arabe ou français ou africain ou autre, mais en tant que chef d'une bande criminelle qui a assassiné un jeune innocent de 23 ans.
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# Posté le mercredi 29 avril 2009 11:37

les périgrinations rocambolesques de Ségolène Royal et du ps

A lire certains organes de la presse nationale, on croirait, si on était naif ou néophite, que Sarkozy serait soit un dictateur, soit un parvenu, soit un agité, bref sauf un homme d'Etat devenu président de la République française après des efforts méritoires et un résultat aux suffrage universel à son honneur.Cette entreprise de manipulation, de calomnie à la cafkaienne, ces caricatures infamantes, qui sont loin d'être le reflet de la liberté d'expression, tendent à un seul but: induire le président de la République à une erreur, voire à une faute fatale, surtout que les européennes approchent, et que la présidentielle de 2012 se prépare longtemps à l'avance.En efet, le parti socialiste, à travers le bouclier fiscal, la crise économique et financière, l'otan, la réforme de l'éducation...tente par tous les moyens de réaliser son exploit, à savoir faire revenir le président sur ses réformes accomplies, ou abandonner celles en oeuvres dont le but est de le désqualifier auprès de ses électeurs et des Français en général pour qu'à la fin, de loin, il assiste au spectacl et engrenger des adhésions.Méthode vieille come le monde en fait.C'est ignorer que le président et son équipe veillent sur tout, et que leur rigeuer et leur abnégation sont les garants d'une gouvernance solide au sein d'une équipe soudée.Loin des clans socialistes qui n'arrètent pas de miner le parti et de constituer une lame de fond.Sinon comment interpréter les piètres randonnées de Ségo et sa série d'excuses à tout va, la mollesse de Martine etc.?

# Posté le lundi 20 avril 2009 12:01

Ronsard et sa poésie

Avertissement

Cet exposé est loin de prétendre à l'exhaustivité, au contraire. Car parler de Ronsard, poète des princes et prince des poètes, né en 1524, mort en 1585, poète de la Renaissance, avec tout ce que cette période implique de philosophie des idées, poète de la variété, de l'imitation, bref le Ronsard du retour à la culture gréco-latine, aux sources, avec tout ce que cela génère de références, tant en langues aujourd'hui mortes ou modernisées, en rhétorique et en poétique, leurs corollaires, qu'en matière de nature et de mythologie...Parler de ce Ronsard nécessiterait, d'un coté une culture immense de Pindare, Homère, Platon, Socrate, Virgile, Dante, Horace, Pétrarque jusqu'à Sébilly et Marot, contemporains du poète, que nous ne possédons pas hélas !, et de l'autre coté une recherche approfondie et longue. Cela dit, nous allons, tant bien que mal, essayer ici de donner un modeste aperçu d'ensemble sur la parole chez Ronsard dans son recueil majeur Les Amours et comment, avec le temps et surtout à travers beaucoup de besoins du moment, cette parole a évolué, en positif ou en négatif , peu nous importe tant ce n'est pas à nous de juger, dans Continuation des Amours, recueil non moins important.
Introduction

Parler de parole, c'est parler de parole elle-même comme ondes acoustiques, comme quelque chose de matériel, et de tous les moyens qui la rendent possible. Plus que cela : parler de parole chez un poète comme Ronsard, c'est, d'abord, prendre en considération les conditions concrètes de sa création : les circonstances, la personnalité de l'auteur et de l'objet chanté, le public auquel il s'adresse. En un mot, c'est parler du rôle joué par la réalité ; ensuite, c'est toucher à la part de l'héritage : le poète imite qui, où prend-t-il ses références culturelles, quelles formes adopte-t-il, quel thème ? C'est parler du rôle que la culture joue. Enfin, c'est parler des transformations apportées par l'auteur : à la fois par rapport au réel qu'il idéalise, mythifie, esthétise et par rapport au fond culturel...en un mot, c'est parler de sa vision critique et de son évolution. C'est ce qu'on va tâcher de détailler, à base d'exemples tirés des recueils, dans ce modeste exposé, en suivant étape par étape le plan adopté.
Première partie
Le siècle de Ronsard

La re-naissance française fut le siècle du renouvellement littéraire, et Ronsard avec le groupe de La Brigade, devenu par la suite La Pléiade, avec la collaboration notamment de Du Bellay, de Baïf, Belleau, Dorat, Pontus de Tyard et Etienne Jodelle, était à l'origine d'une rhétorique et d'une poétique nouvelles, autrement dit d'une parole nouvelle mise en scène dans Les Amours en 1552 et trois ans après dans Continuation des Amours en 1555, avec tout ce que cela implique d'évolution notable. Cette parole nouvelle n'était pas élaborée ex nihilo et surtout n'était pas faite sans bruit. Au contraire, Ronsard, en s'appuyant sur Défense et Illustration de la langue française de son ami Du Bellay, paru en 1549, avait dû contester ce qui se faisait en ce moment par ses prédécesseurs et surtout ses contemporains, notamment Marot, Sébilly, Aneau, Saint-Gelais... et adopter l'héritage gréco-latin par ce qu'on appelle communément « Le Retour aux sources gréco-latines ». Même s'il n'est pas facile de trouver des critères formels bien nets qui différencieraient sans appel, d'une part Ronsard et ses amis et, d'autre part, les autres, les prédécesseurs, il reste pourtant que cette différence existe à travers beaucoup de nuances subtiles existantes dans les recueils et qu'on va essayer d'élucider. Ainsi, Ronsard refuse les vieilles formes fixes et opte pour le principe selon lequel tout est à inventer, les moyens autant que les ½uvres. Ces vieilles formes sont la ballade, le rondeau, le virelais, les chants royaux et autre coq-à-l'âne de Marot. Cette position lui a valu les foudres des défenseurs de cet héritage. Comme l'a bien dit André Gendre dans son introduction à l'édition de Poche des Amours de 2002, en page 9 : « Il (Ronsard) partage les ambitions de son ami Du Bellay, qui, dans sa Deffence et Illustration de la langue françoyse, venait de recommander avec une ardeur polémique de recourir directement aux grands auteurs de l'Antiquité ou aux modèles italiens comme Pétrarque, non pas pour les copier ou simplement pour les traduire mais pour enrichir une langue poétique encore trop pauvre, pour s'imprégner de leur grandeur et de leur force. L'invention personnelle devait naître d'une imitation éclairée : ainsi pourrait-on offrir à la France une littérature digne d'elle ! Ronsard lui-même prétendait, dans la préface de ses Odes (1550), prendre « stile apart, sens apart, euvre apart ».
On voit bien que l'ambition n'est pas de faire des ½uvres nouvelles des pastiches, des pots-pourris d'emprunts scolaires, mais des réminiscences, des reviviscences. Ainsi le poète sera divin et en-thousiasmé (en contact avec les dieu).
Deuxième partie
L'héritage poétique de Ronsard

Comme on l'a dit précédemment, Ronsard s'est ressourcé dans l'Antiquité de Pindare, d'Homère, de Dionysos, d'Apollon, et en Italie de Pétrarque et d'Horace, surtout pour son épicurisme et son exaltation mélancolique du plaisir éphémère, et sans oublier Ovide, sa science de l'amour et ses thèmes mythologiques. Et on sait que qui dit Pindare dit lyrisme. Car à cette époque la poésie était destinée à être chantée et accompagnée à l'instrument de musique d'alors, en l'occurrence la lyre(d'Orphée). On sait aussi que la poésie lyrique est le genre littéraire qui accueille l'expression personnelle des sentiments du poète. L'auteur lyrique parle en effet en son nom propre ; il dit « je ». Cette poésie recherche aussi l'effet musical et la visée de l'idéal. Et ce n'est pas par pur hasard que Ronsard, chantre de la poésie lyrique et sentimentale, est allé puiser dans ce fond riche, puiser aussi bien le fond de sa poésie que sa forme. Pour la forme mise dans Les Amours, le sonnet, qui est le genre par excellence qui convient à la passion amoureuse, hérité du toscan Pétrarque, exige de nombreuses contraintes formelles qu'il faut respecter : on peut citer notamment la vassalité de l'amant, l'aventure sentimentale, et cette aventure implique une dimension existentielle : d'un coté l'action doit être inaccomplie et de l'autre le style doit être élevé, ajoutez à cela la femme peut être belle et cruelle, et l'amant est saisi d'un transport, qui le conduit à la sublimation. Cette cruauté(comprenez le sens classique selon lequel le sujet aimé trouve le plaisir de faire du mal à l'objet aimant, comme dans les tragédie de Corneille) cette cruauté, dit-on, pousse le poète à adopter une parole racontant le désarroi ressenti. Dans le sonnet 2, on voit comment le poète n'a pas résisté à la beauté de « la dame », cette créature au caractère divin et qui a toutes les qualités pour séduire  :
Du ciel à peine elle étoit descendue,
Quand je la vi, quand mon ame éperdue
En devint folle, & d'un si poignant trait
Le fier destin l'engrava dans mon ame

Dans le sonnet 32 le poète recourt au mythe de Pandore qui est créée pour punir les humains d'avoir volé le feu des dieux pour les mortels, pour illustrer

Quand au premier la Dame que j'adore,
De ces beautés vint embellir les cieus,
Le fils de Rhée apella tous les Dieus,
Pour faire encor d'elle une autre Pandore.

Pour ce qui concerne les appas(charmes physiques de la femmes), on pourrait citer les sonnets 3, 90, 121, 131,...Ces charmes font réagir le poète souffrant en s'abandonnant à des litanies, notamment dans les sonnets 55, 87, 121, 131...

Odous parler, dont l'apât doucereus
Nourrit encor la faim de ma memoire,
O front, d'Amour le Trofée & la gloire,
O ris sucrés, o baisers savoureus :(55)

Le poète dans ces vers et dans pleins d'autres essaye de nous convaincre que, quelles que soient sa douleur et son affliction, ce n'est rien par rapport à la beauté de celle qui les provoque. La parole agit ici comme arme de conviction, à travers un arsenal métaphorique des plus dense.
Le poète s'attache certes aux charmes physiques, mais n'oublie pas que son aimée est aussi d'une qualité morale et esprituelle, et ainsi dans le sonnet 49 il écrit :

Seul son esprit, où tout le ciel abonde,
Et les torrens de sa douce faconde(parole)
Me font mourir pour sa perfection.

On trouve aussi de ces louanges dans beaucoup de sonnets des Amours(l'une des caractéristiques de la poésie de Ronsard théorisée déjà dans sa préface aux Odes, où sa « boutique, dit-il, n'est chargée d'autres drogues que de louanges et d'honneur ». D'après lui, le poète ne doit pas restreindre ses éloges. Il est tenu de « celebrer jusques a l'extreneté celui qu'il entreprend de louer ». Il s'agit là de la rhétorique démonstrative, qui enseigne l'art de composer des éloges. Voir surtout pour exemple le sonnet 85.
Ronsard, comme on vient de le dire s'est inspiré de poètes aussi grecs que latins. Et comme le néo-platonisme était l'un des parangon de la poésie de Ronsard, pour ce qu'il a d'attachement aux Idées plus qu'à la chair, et le poète n'en a pas fait l'économie. Ainsi écrit-il dans le deuxième tercet du sonnet 75/

Par lui(l'½il de l'aimée) mon c½ur premierement s'aela,
Et loin du peuple à l'escart s'en vola
Jusqu'au giron des plus belles Idées.
Il s'agit, comme l'indique la note d'André Gendre, des Idées platoniciennes.

Cela n'empêche pas cet amour élevé de faire écho à un autre amour mélancolique(pétrarquiste dirait-on) où toutes les humeurs se mobilisent mettant ainsi la santé du poète langoureux en danger, danger dû à la souffrance tant physique que psychologique que Cassandre alimente par son scénisme. La mélancolie(désignée par bile noire à cette époque) est de ces humeurs la plus récurrente chez Ronsard. Lorsque l'objet de la passion 'est pas atteint par le poète, cela suscite en lui tout un ensemble de sentiments ambivalents, qui consistent à la fois de vouloir aimer et de ne pas aimer, de vivre et de mourir, d'être guéri et de persister dans son mal...Ces combinaisons de contraires sont conjuguées pour l'expression d'une poésie qui s'exprime par la répétition d'une conflictualité. Cette dernière s'exprime à son tour par des métaphores dont les plus courantes sont celles de la tempête déchaînée, du feu et de l'eau qui procurent pleurs et chaleur réchauffant. André Gendre a écrit une magnifique analyse de ce sujet de mélancolie en page 17 de son introduction, et on va la reproduire pour illustrer notre propos : « Les risques, le malheur et la perte constituent la matière d'une bonne partie des Amours. Et ce drame a deux causes qui ne sont pas toujours liées. La première tient dans cette impossibilité où l'amant se trouve, trop humain, d'avoir communication avec la beauté et la grandeur. Le mal vient alors d'Amour, qui est cruel(51), ou de l'eau et du feu, qui procurent larmes et échauffement intérieur(83), ou de l'espérance, qui se cache en traîtresse au fond de la boîte de Pandore(121). L'autre cause, plus fréquente et plus lancinante, c'est la cruauté avouée d'une dame qui résiste à l'amour sans dire pourquoi et qui rend le parti du silence dans le dialogue que l'amant voudrait établir. On sera frappé par les mille et un visages que l'art métaphorique du poète sait donner à la femme inaccessible : elle est un roc(13), une géhenne(14)(...)
Mais la cruauté ne paraît pas toujours définitive. Ce qui donne au recueil sa plus grande force dynamique, c'est l'état incertain où se trouve le poète, toujours justifié d'espérer et de relancer sa difficile entreprise. La loi des contraires est un vaste moteur, comme le prouve d'emblée l'amant du premier sonnet, que le trait mortel d'Amour rend vigoureux et pugnace ». Voir notamment les sonnets 12, 86, 50 où ces antithèses foisonnent.
Cette angoisse de l'amour, qui tourmente le poète au point de ne plus savoir à quel saint se vouer, pris dans un tourbillon de sentiments contraires, le poète l'exacerbe lorsqu'il l'auréole dans un ensemble de références mythologiques et une topique de la nature avec tout ce qu'elle a de paysages, de bois, de saisons et de climats. Aussi est-il important de préciser que cette nature imitée appartient plus à un idéal poétique qu'à l'ordre naturel. Ces images sont là bien sûr pour dire « l'amour idéal de l'exceptionnelle Cassandre », rencontrée dans un bal et dont le nom nous évoque la lointaine troyenne, prophétesse tuée avec ses enfants, fils d'Agamemnon. Ronsard nous renvoie à dieux suppliciés de la mythologie, comme à titre d'exemple : Tantale, Ixion, Prométhée, Hercule...Il faut voir pour cela les sonnets 13, 45, 57, 166, 167

Amour m'atache à mille clous d'aimant.
En lieu d'un aigle un soin horriblement(13)

Je voudrois estre Ixion & Tantale,(45)

Que suis-je, las ! moi, chetif amoureus,
Pour trop sentir, qu'un Sisyphe ou Tantale ?(57)

Et bien sûr qu'à travers ces images de mythes déchus s'exprime un sujet poétique pathétique(du pathos, du grec « souffrance » « passion ») porteur et révélateur de la vaine passion qui ronge, comme Prométhée le foi du poète amoureux.

Néanmoins, à ces règles de l'inaccessibilité de Cassandre aimée et chantée, existe quelques exceptions où le rêve devient réalité au bonheur du poète. Et comme André Gendre l'a remarqué : « Dans ce recueil où l'emphase porte souvent sur le malheur et le drame, il est indispensable de souligner les réussites ». Ainsi dans le sonnet 24/

Jà prevoiant par le ris de leur grace
Que mon service aura quelque guerdon(récompense).(24)

Et dans certains sonnets, le poète nous parle de Cassandre lisant et comprenant ses poèmes, chose qui dénote un intérêt pour lui et surtout pour ce qu'il fait pour elle.

De la deauté d'une Dame si belle :
Qui lit mes vers, qui en fait jugement,
Et qui me donne à toute heure argument,
De soupirer heureusement pour elle.(220)

Ces récompenses sont décrites avec une parole sans détour, comme on vient de le voir d'avec ces exemples. Elles sont aussi mises en scène à travers des modes de temps. Ainsi peut-on, dans le sonnet 47, voir « Je veus » de la volonté prendre la place du « Je voudroi » du v½u ou du souhait dans le sonnet 20.

Troisième partie
Transformations apportées à Continuation des Amours

Dans son recueil intitulé Nouvelle Continuation des Amours, le poème 61 peut nous renseigner sur ce renouvellement dans la poétique de Ronsard. Le poète, pour justifier son inconstance dans l'amour qu'il voua à Cassandre, en optant pour une autre, Marie en l'occurrence(nous y reviendront dans le développement qui suit), et à travers cela, surtout, pour mettre en action le fait de s'être désolidariser de Pétrarque et de certains de ses principes fixes en poésie, le message ne peut pas être plus clair, il écrit :

Si quelque dame honeste & gentille de c½ur
(Qui aura l'inconstance & le change en horreur)
Me vient, en te lisant, d'un gros sourcy reprendre
Dequoy je ne devois abandonner Cassandre,
Qui la premiere au c½ur le trait d'Amour me meist,
Et que le bon Petrarque un tel peché ne feist,
Qui fut trente & un ans amoureux de sa dame :
Responds luy, je te pry, que petrarque sur moy
N'avoit authorité pour me donner sa loy,
Ny à ceux qui viendroient après luy, pour les faire
Si long temps amoureux sans s'en pouvoir deffaire :


On comprend bien que c'est toute la parole dans son ensemble qui est affectée d'un fort coefficient de changement, allant de la densité des mètres et de la langue à une certaine fluidité et simplicité dans son élaboration. Et si, pourtant, Cassandre existe toujours dans ce recueil, c'est plus pour voir l'évolution de la poétique de Ronsard à base de sa culture pétrarquiste que pour attachement durable et constant à son premier amour, même si le poème 4 laisse croire le contraire :
Peltier, mon ami, le tems leger s'enfuit,
Je change nuit & jour de poil & de jeunesse :
Mais je ne change pas l'amour d'une maistresse
Qui dans mon cueur colée, eternelle me suit.

Cela justifie aussi le fait que dans Continuation, il y a certes changement mais aussi une continuation, comme l'indique le titre. Ainsi le belle est dotée par « Honneur, vertu... » :

Quand ma maitresse au monde print naissance,
Honneur, Vertu, Grace, Savoir, Beauté(34)

Tyrannisé par une fière beauté, le poète connaît le martyre :

Pour aimer trop une fiere beauté,
Je suis en peine, & si ne saurois dire
D'où, ni comment, me survint ce martyre,
Ni à quel jeu je perdi liberté.(29)


Comme Pétrarque i appelle son mal un bien :

C'est ce bel oeilqui me paist de liesse,
Liesse, non, mais d'un mal dont je vi(33)


Autre changement notable aussi, c'est que dans Continuation, le chant d'amour se double d'une réflexion, et ce pour justifier ce que nous pourrions appeler sa trahison tant en amour qu'en style d'ailleurs, dont on déjà parler précédemment. En effet, le poète se livre à des réflexions physiologique(l'inconstance est liée aux forces vives de la jeunesse(9), éthologique(l'inconstance est la manifestation d'une intelligence qui comprend les situations(26), réflexion de philosophe(deux amours assurent mieux la stabilité(voir poème61 de Nouvelle Continuation), réflexion de poète enfin(être inconstant, c'est ressembler aux élégiaques latins(11, 62). Voir plus clairement l'introduction d'André Gendre en page 51, d'où on s'est inspiré.
S'il y a aussi un phénomène nouveau dans la parole de Continuation, c'est bien l'exposition tempérée de la sexualité, contrairement aux Amours. Il est à remarquer dans différents poèmes composant ce recueil.
Conclusion

Ces quelques informations sur la parole chez Ronsard ne sont q'une vue d'ensemble générale. Le mieux serait de procéder à l'étude minutieuse de tout le fond littéraire antique, italien, et français de l'époque du poète pour répondre précisément à une problématique de ce genre. Ainsi j'espère que ce modeste travail vous sera une ébauche à un travail plus élaboré et plus consistant.
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# Posté le lundi 20 avril 2009 11:35